1934 - 2023
Le Droit
Roberto Miguelez est décédé paisiblement à l’Institut de Cardiologie de l’Université d’Ottawa, le 2 mars, entouré de sa famille. Il est profondément regretté par sa compagne de longue date, Koula Mellos, ses enfants qui l’adorent, Alain (Leslie-Ann Chang) et Maïa, ses petits-enfants Anna, Alicia et Alejandro, et ses maints amis. Il est prédécédé de ses parents Mercedes Fernandez et José Maria Miguelez, son frère José Alberto (Pepe) Miguelez et sa sœur María Esther Miguelez de Mouzo. Il était profondément dévoué à sa famille et trouvait un bonheur, une satisfaction et une fierté énormes dans les réussites professionnelles de ses enfants et des activités académiques et extracurriculaires de ses petits-enfants. Roberto est né à Buenos Aires le 22 septembre 1934. Il étudia la philosophie à l’Universidad de Buenos Aires et poursuivit ses études doctorales en France à l’Université de Paris, Sorbonne et au Collège de France en tant que membre du Laboratoire d’anthropologie sociale. Muni de cette formation académique, il enseigna à l’Université d’Ottawa, où il détint une double nomination au Département de Sociologie et au Département de Philosophie, entre 1970 et sa retraite en 2000. Son intuition morale profonde a nourri sa réflexion sur les conditions subjectives et objectives nécessaires à la liberté, à une vie dotée de sens et heureuse pour chaque personne dans sa particularité respective. Cette conviction morale, voulant que l’autonomie et la justice sociale trouvent réconciliation non pas par la contrainte externe mais dans l’épanouissement de chacun et la reconnaissance de la particularité, a guidé sa vie académique et ses activités pratiques. Ses efforts ont visé à élargir le discours entre la phénoménologie, l’épistémologie et la déontologie, et lui ont valu une large reconnaissance y compris son investiture dans la Société Royale du Canada. Ses publications philosophiques sont nombreuses, parmi lesquelles on retrouve Science, valeurs, rationalité (1984); L’analyse des formations sociales (1992); Rationalisation et moralité (2011); Sur la rationalisation, Essais (2019). Il a été le fondateur et directeur pendant plusieurs années de Carrefour, Revue de réflexion interdisciplinaire. Roberto fut un auteur prolifique. Il a également publié plusieurs œuvres littéraires en espagnol, parmi lesquels Ocho Relatos de la Modernidad (1993); Crónica de tiempos de illusion (1995); Ficciones de la muerte, (2000); Des/Encuentros (2011); Crónica de sentimientos (2022). Roberto était d’une vitalité, d’une curiosité et d’un enthousiasme pour la vie qui ne connaissaient pas de bornes. Il débordait d’idées, de projets et d’intérêts. Tout au cours de sa vie, il a poursuivi une multitude passions, et procura joie, réconfort et inspiration à plusieurs. Entre autres, Roberto a été un sportif. Il était un nageur, joueur de tennis et de racketball férocement compétitif, et golfeur dans ses dernières années. À l’étonnement de ses amis et autres golfeurs de longue date, il a tiré un trou en un coup au troisième trou de l’ancien terrain Dunderosa, à Chelsea (Québec). Sa passion pour le voyage, l’aventure et la découverte l’ont fait parcourir le monde. Accompagné principalement de sa compagne et tout aussi passionnée de voyage, Koula, mais aussi d’amis ou de sa famille, il explora les recoins et villages de l’Irlande, l’Angleterre, la France, l’Autriche, l’Italie, la Grèce, la Suisse, l’Allemagne et autres pays d’Europe; ainsi qu’une multitude d’endroits petits et grands du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, la Russie, la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Mexique, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, et parcourant presque chaque mètre carré de l’Argentine entre Ushuaia (en Terre de Feu) et San Salvador de Jujuy. Son amour et sa grande appréciation des arts visuels l’ont fait visiter plusieurs des grands musées du monde : du Louvre à Paris à l’Hermitage à Saint-Pétersbourg; du Museo Nacional del Prado à Madrid au MoMA de New York; du Rijksmuseum d’Amsterdam au Museo Nacional de Antropología de Mexico, entre autres. Son amour de la musique l’a mené à certaines des plus grandes salles de concert du monde : du Teatro Colón de Buenos Aires, à La Scala de Milan; du Metropolitan Opera de New York, aux Opéras Garnier et Bastille de Paris; du Covent Garden à Londres, aux Konzerthaus et Berliner Philharmonie de Berlin, du Four Seasons à Toronto, au Centre National des Arts à Ottawa; et plusieurs autres. Il adorait faire la conversation et parler d’art, de sciences et d’histoire, évaluant toujours de façon critique les forces politiques et sociales actuelles mais restant toujours dans l’espoir de meilleurs lendemains pour l’humanité. Roberto était un homme joyeux et heureux qui aimait la vie à plein. Il a fait du monde un bien meilleur endroit et sa gentillesse, son amour et son étincelle incomparable manqueront profondément à tous ceux qui ont eu le plaisir de le connaître et le privilège de faire partie de sa belle vie. En lieu de fleurs, des dons à l’Institut de Cardiologie de l’Université d’Ottawa ou à la Fondation du Cancer de la région d’Ottawa seraient appréciés.